En cette période de rentrée, nous pouvons nous attarder quelque peu sur ce phénomène de l’étude. Si la biologie est constitutive du corps de l’homme, elle ne suffit bien sûr pas à le définir. L’homme est un « sachant », il hérite de la connaissance et du savoir de ses anciens et c’est sans doute cela qui le constitue homme, bien plus que sa biologie.
Cependant, il ne nait pas sachant, il doit le devenir. Si les animaux n’ont aucun effort à fournir pour devenir ce qu’ils sont, l’homme est un être en devenir, quoique créé par Dieu.
Créé par Dieu, dans la theoria, « Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui, le fils d’un homme, que tu en prennes souci ? Tu l’as voulu un peu moindre qu’un dieu, le couronnant de gloire et d’honneur ; tu l’établis sur les œuvres de tes mains, tu mets toute chose à ses pieds » (Ps 8).
De quelle noblesse héritons nous, n’est-ce pas ?
Mais le grand paradoxe de notre Nature Humaine, c’est que l’homme est créé parfait et doit se perfectionner.
Et dans cette praxis il doit user du temps, se souvenir de ses erreurs, travailler et travailler encore, bénéficier de ses prises de consciences pour grandir. La praxis est plongée dans le temps, dans la périodicité.
Notre naissance dans ce monde temporel fait justement que nous avons à devenir parfait et cette perfection résulte de notre praxis, plongée dans le temps, marquée par le rythme des années.
Elle nous amène à découvrir quelle perfection Dieu nous a déjà donnée.
Tout se passe comme si l’on devait s’éveiller à ce qui a toujours été là et que notre praxis ne servît à rien, quoique tout à fait nécessaire.
Au-delà de l’apprentissage, notre perfection se trouve dans l’élévation de notre âme afin qu’elle aussi atteigne sa perfection, lui permettant d’être ravie en Dieu.
C’est le chemin de tout homme, que Jésus lui-même a parcouru :
« Il convenait, en effet, que celui pour qui et par qui sont toutes choses, et qui voulait conduire à la gloire beaucoup de fils, élevât à la perfection par les souffrances le Prince de leur salut. » (He 2, 10)
L’ultime perfection est la souffrance dans le sacrifice qui dépasse le paradoxe finalement apparent. Le sacrifice par excellence étant l’holocauste, pratiqué par les hébreux au temple de Jérusalem et accompli par le Christ dans le feu de la résurrection.
Eric PORTAL, animateur du groupe d’étude biblique de la paroisse.
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